12 Mars 2019

Comité Scientifique : le Terra Sancta Museum reçoit sa feuille de route

Du lundi 4 au mardi 5 mars, le Comité Scientifique – composé de directeurs de musées et d’historiens de l’art du monde entier – du Terra Sancta Museum s’est réuni à Paris pour sa quatrième édition. 

Fraîchement arrivés de Jérusalem, Rome, Trieste, Varsovie, Madrid, Berlin ou Milan, les 30 membres du Comité Scientifique du Terra Sancta Museum rentrent d’un pas assuré dans le couvent parisien des franciscains, qui leur est de plus en plus familier. Accueillis par le frère Stéphane, responsable des biens culturels de la Custodie, et Béatrix Saule, directrice générale honoraire du Château de Versailles et coordinatrice du Comité, les membres se retrouvent joyeusement, reprenant les conversations laissées en suspens lors des dernières retrouvailles.

L’atmosphère devient rapidement studieuse. « Nous pouvons être satisfaits du chemin parcouru depuis notre première assemblée » introduit Béatrix Saule. Les inventaires des collections historiques de la Custodie touchent à leur fin, la muséographie progresse, les campagnes de restaurations ont été amorcées, et les publications scientifiques, pour lesquelles bon nombre de membres du Comité se sont mobilisés, commencent à voir le jour. D’autres questions restent pourtant à résoudre, et constitueront l’objet des réflexions de ces deux jours. Parmi elles, « l’étude du chantier, la prévention des risques en matière de sécurité, l’emplacement de fonctions annexes du musée, et les différents axes de médiation » énumère Béatrix Saule, en posant son regard sur les spécialistes concernés.

Le programme de la première journée est alors rythmé par des questions techniques. Jérôme Dumoux, scénographe du musée, explique et justifie les modifications du parcours muséographique. « Ces changements auront des influences sur les choix des autres fonctions, qu’elles soient architecturales, sécuritaires, ou pédagogiques », conclue-t-il, approuvé par Vincenzo Zuppardo, architecte du musée. Ce dernier se lève, et affiche les plans du musée en 3D. « Le musée prend vie, on se rend compte concrètement des avancées ! » s’exclame Barbara Jatta, directeur général des Musées du Vatican.

Le lendemain, les experts prennent la parole chacun à leur tour pour faire état des inventaires et des conditions de conservation des œuvres qu’ils étudient. Raphaëlle Ziade, responsable du département byzantin du Petit Palais ouvre le bal en présentant un rapport complet sur les 350 icônes de la Custodie. « Nous sommes impressionnés, d’une part par le travail d’inventaire et de conservation qui a était fait, et d’autre part par la qualité des icônes » admire Béatrix Saule.

Entre deux interventions techniques sur l’étude des vitrines ou des lumières, Michèle Bimbenet-Privat, conservateur général au département des objets d’art au Musée du Louvre, projette sur le mur les 160 pièces d’orfèvrerie envoyées par les cours royales européennes au fil des siècles qui figureront dans le catalogue. Ce chiffre est loin d’être définitif, étant donné les surprises que réservent les inventaires de la Custodie. Certains sanctuaires, notamment à Naples, Chypre, au Liban, ou en Syrie, n’ont pas encore été inventoriés et semblent présenter des pièces d’une grande valeur. « Le catalogue sera donc abondé par d’autres œuvres que nous déciderons d’y inclure » conclue-t-elle en souriant. Jusqu’à présent, seul le catalogue des textiles, rédigé par Maria-Pia Pettinau-Vescina, spécialiste des tissus anciens, est sur le point d’être édité.

Alors que le Comité touche à sa fin, une ébauche des axes de médiation pour le futur public est présentée. « Que doit ressentir le visiteur ? » demande Béatrix Saule en y répondant aussitôt. « L’émerveillement devant la beauté des œuvres, la surprise de découvrir un trésor méconnu et conservé en dépit des circonstances, et la satisfaction d’un enrichissement personnel de connaissances ». Émotions également éprouvées par les membres du Comité engagés pour le musée depuis le début du projet.

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