7 Juillet 2023

Mémoires de Saint-Sauveur aux habitants de Jérusalem

de AUGUSTINE BERGER

Grâce au soutien de l’AFD (Agence française de développement) et de NDC (Ngo for Development Center), la Custodie invite habitants de Jérusalem, pèlerins et visiteurs à remonter le temps… Voici quelques échos des premières visites. Il vous reste encore quelques semaines pour découvrir l’exposition « Mémoires de Saint-Sauveur : couvent, paroisse, musée ». Ne tardez plus!


Les responsables des églises orientales réunis lors de la fête de la Saint Antoine le 13 juin 2023.

Du 5 juin au 25 juillet 2023, la Custodie de Terre Sainte dévoile, en avant-première et en langue arabe, un aperçu des collections du futur musée historique du Terra Sancta Museum. C’est toute une partie de son histoire que l’on redécouvre à travers des documents d’archives, des livres et des collections palestiniennes… Si la Custodie a pu et su les conserver jusqu’à aujourd’hui, c’est bien pour les rendre à la vue de ceux qui ont forgé cette histoire aux côtés des frères. Des découvertes récentes ont d’ailleurs accompagné la préparation de cette exposition : c’est l’histoire de ce cadre d’ex-voto récemment décroché de l’autel de la Vierge où il était recouvert de suie, ou celle des cartons préparatoires révélant le travail de l’artisan nacrier bethléémite Suleiman Roc.

Carta gloria « canons d’autels » des ateliers nacriers Bethléemites -XVIIIème. 

Une exposition en trois temps : les ateliers du couvent, la paroisse, et le futur musée

Les ateliers du couvent qui furent une occasion pour les habitants de la Ville d’apprendre et d’exercer un métier ont laissé des souvenirs d’un temps qui n’est pas si lointain. Au fil de trois de ces ateliers que sont la Franciscan Printing Press, la pharmacie et le tailleur, le visiteur voit renaitre la vie animée du couvent au XIXème siècle. La deuxième partie de l’exposition est consacrée à la vie de la paroisse que les Frères ont développée à partir du XVIIème siècle jusqu’à aujourd’hui. Enfin, quelques chefs d’œuvre de l’art palestinien couronnent la fin du parcours : une icône de l’Annonciation de l’École de Jérusalem, encore peu connue, et les objets d’une éclatante blancheur sortis des ateliers de nacriers bethléemites.  

Des visiteurs de tous horizons

“Ici c’est mon oncle, je le reconnais” ; “et là n’est-ce pas le Père Roc ?” La riche documentation photographique qui jalonne l’exposition est l’occasion pour les habitants de la Vieille Ville de relier le couvent à leur propre souvenir. Les Frères et les ouvriers de la Custodie s’arrêtent de temps à autre pour conter les histoires cachées sous ces photographies : “la sœur que l’on voit sur cette photo paroissiale enseignait la broderie pour réaliser des bannières comme celle-là.” Une autre fois, c’est un des kawas (garde palestinien en charge du bon déroulement des cérémonies) qui vient poser devant le costume de kawas finement brodé, au retour d’une procession. 

Passant la Porte Neuve en fauteuil roulant, des résidents de l’Hôpital Saint-Louis, dont d’anciens paroissiens de Saint-Sauveur, sont bravement venus suivre une visite guidée préparée spécialement pour eux. Le visage soudainement animé à la vue de l’ancienne machine à coudre Singer ou de la presse, ils ont pu partager les souvenirs émus de leur vie passée.

Un accent particulier sur le jeune public

Ces mêmes objets, familiers des anciens, émerveillent aussi les enfants. “Qu’as-tu préféré regarder dans l’exposition ?” “La trompette ! et aussi la presse !” “Moi aussi !”. Avertis de leur centre d’intérêt, Augustine Berger, étudiante en Master de médiation culturelle à l’université Grenoble-Alpes, a préparé une visite ludique à la découverte du passé de leur ville. Autour d’un petit nombre d’objets qui retiendront leur attention, un livret de jeu est conçu pour les accompagner dans la visite pour s’essayer à reconnaitre les caractères d’imprimerie en arabe, les matériaux des bijoux palestiniens et le son de la trompette. Au milieu du parcours, une activité leur a permis de se plonger dans les archives de la Custodie : rassemblés autour d’un ancien plan du couvent, les enfants ont dû s’entraider pour retrouver la menuiserie, la pharmacie ou la cordonnerie. Un atelier d’imprimerie achevait le parcours : en dignes héritiers des ouvriers de la Custodie, c’était à celui qui retrouvait en premier les bonnes lettres parmi les authentiques caractères en fonte pour imprimer son prénom ! Un diplôme d’imprimeur, bien mérité, sera un souvenir personnalisé de cette visite animée.

 

Une mobilisation tous azimuts

Le livre d’or se fait l’écho de l’enchantement des visiteurs : ici une communauté de Sœurs espagnoles laisse des mots admirateurs. Une page plus loin, un groupe de jeunes palestiniennes du centre Al-Saraya sont venues pour une visite en arabe guidée par Hana Irshaid de l’association Pro Terra Sancta. Afin d’éveiller l’attention des jeunes de la vielle ville, en lien avec le Christian Media Center, l’équipe de communication du musée a monté une série de vidéos présentant en arabe sous-titrés anglais les œuvres phares de l’exposition. Une manière d’exporter ce patrimoine hors les murs de la Custodie !

 

[Le film du vernissage accessible ici : https://www.youtube.com/watch?v=KCA-ID2lPGk&t=25s]

 

L’équipe féminine du centre Al Saraya autour de Hana, médiatrice au Terra Sancta Museum.

Curieux de mieux connaitre le monde de la Custodie, une quinzaine de guides israéliens ont manifesté un grand intérêt pour cette part de l’histoire de Jérusalem. Les groupes qui le souhaitaient ont pu poursuivre avec la visite de l’église et un aperçu du chantier du musée dans les dédales du couvent. Cette exposition mobilise les équipes du Terra Sancta Museum et de l’association pro Terra Sancta qui, avec les vacances d’été, organisent la venue des camps d’été des écoles et accueillent tout visiteur désireux de découvrir les mémoires de Saint-Sauveur !

L’équipe féminine du centre Al Saraya autour de Hana, médiatrice au Terra Sancta Museum.

Curieux de mieux connaitre le monde de la Custodie, une quinzaine de guides israéliens ont manifesté un grand intérêt pour cette part de l’histoire de Jérusalem. Les groupes qui le souhaitaient ont pu poursuivre avec la visite de l’église et un aperçu du chantier du musée dans les dédales du couvent. Cette exposition mobilise les équipes du Terra Sancta Museum et de l’association pro Terra Sancta qui, avec les vacances d’été, organisent la venue des camps d’été des écoles et accueillent tout visiteur désireux de découvrir les mémoires de Saint-Sauveur !

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